Histoire des Anis de l’Abbaye de Flavigny®

Histoire des Anis de l’Abbaye de Flavigny®

Les bonbons Anis de Flavigny

Un peu d’histoire : un empereur, un philosophe, un pape, des moines bénédictins et des sœurs ursulines

L’Anis de Flavigny est la spécialité de Flavigny-sur-Ozerain, un village français situé dans la région de Bourgogne. La légende dit que c’est grâce à Jules César que la fabrication d'anis a été introduite en Bourgogne. Les médecins romains accompagnant les troupes de l’empereur qui ont assiégé en 52 avant Jésus Christ la ville d’Alésia auraient semé des graines d'anis vert, rapportées par un voyageur romain du nom de Flavius, sur le terrain de l'hôpital de campagne qu’ils avaient érigé. A cette époque, l’Anis de Flavigny était en effet recommandé pour ses vertus thérapeutiques, comme en témoignent les écrits de Pline l'Ancien, un philosophe romain, qui le conseillait notamment pour lutter contre les effets des piqures de scorpion, affirmant alors « l’anis se boit avec du vin contre les scorpions ». Selon les historiens, l'ancienne ville d'Alésia était située à proximité de ce qui est maintenant le village de Flavigny-sur-Ozerain.

L’Anis de Flavigny a été pour la première fois mentionné dans un document datant des années 870 après JC qui fait état d’un cadeau de quelques livres d'anis au pape Jean VIII par les moines Bénédictins de Flavigny pour le remercier d’avoir passé trois semaines dans leur abbaye avec sa suite de dix-huit évêques. L’abbaye construite près des anciennes fondations d'Alésia n'ayant pas conservé les registres de l’époque, il n’est pas possible de savoir si les anis étaient confits ou non. Cependant, le sucre n’étant alors pas connu en Europe, il est probable que les anis étaient confits au miel.

Il faut attendre le 17ème siècle pour retrouver la trace de l'Anis de Flavigny. Sous la supervision de leur mère supérieure Claude Jacotot, les sœurs Ursulines qui habitaient alors l’abbaye ont décidé de se lancer dans la fabrication d’anis confit. Les sœurs auraient puisé leur inspiration dans la fontaine de la Recluse d’où jaillissaient naturellement de l’eau de fleur d’oranger et de l’eau de rose, les deux saveurs utilisées à l’époque. C’est ainsi que serait née la recette de l’Anis de Flavigny, un bonbon constitué d’une graine d’anis enrobée de sucre et parfumée à l’eau de fleur d’oranger ou à l’eau de rose. Savez-vous qu’entre les phases d’enrobage à la main et de séchage, près de six mois étaient alors nécessaires pour fabriquer un bonbon ?

Après la révolution et le départ des religieuses, plusieurs confiseurs du village de Flavigny-sur-Ozerain se sont à leur tour mis à faire commerce de sucreries. C’est après la première guerre mondiale que les fabriques de l’époque, « A la Belle Marraine », « A la Source des Douceurs » et « A la Fontaine de la Recluse », se sont réunies sous le nom de « Au Galant Berger », en référence au berger contant fleurette à sa bergère que l’on peut encore voir aujourd’hui sur la boite métallique traditionnelle des Anis de Flavigny.

La tradition du « bien bon bonbon » perpétuée par la famille Troubat

L’usine située au cœur même de l’ancienne abbaye a été rachetée en 1923 par Jean Troubat, dont la famille perpétue encore aujourd'hui la tradition de la fabrication de l'Anis de Flavigny sous la houlette de Catherine Troubat qui assure depuis 1990 la succession avec ses trois frères et sœurs. Grâce à la modernisation des installations, seuls quinze jours suffisent désormais à fabriquer les bonbons, toujours selon la recette classique qui n’a pas changé depuis. Les Anis de Flavigny sont désormais déclinés dans une gamme de bonbons parfumés à l’anis bien sûr, mais également à la menthe, la rose, la violette, la réglisse, le citron, la mandarine ou la fleur d’oranger, pour ne citer que quelque uns des arômes naturels utilisés par la famille Troubat.

De Flavigny-sur-Ozerain à Paris

Le saviez-vous ? Le « bien bon bonbon » de l’abbaye de Flavigny fut la première confiserie à apparaitre dans les distributeurs automatiques des quais de gare et du métro parisien. Depuis, son succès ne s’est jamais démenti et ce sont désormais près de 250 tonnes de ces petites billes d’un gramme qui quittent chaque année Flavigny pour régaler les gourmands du monde entier.

Un conseil pour savourer le « bien bon bonbon » : ne le croquez pas !

Pour déguster les petites billes immaculées, suivez le conseil de Catherine Troubat : « Prenez les deux par deux et faites les rouler dans la bouche jusqu’à retrouver la graine. Deux par deux, c’est bon bon… ».

Ou encore, fiez vous à l’expérience des enfants dont certains conseillent de mettre trois billes dans la bouche pour que le gout soit plus fort et jouent ensuite à celui qui réussit à les sucer le plus longtemps sans les croquer pour arriver à la graine d’anis. Vous voulez vérifiez que tout n’a pas été avalé ? Tirez la langue et montrez vos graines !

Crédit photos Anis de l’Abbaye de Flavigny®, Marc-Troubat.

Posté le 20/12/2015 par Jean-René Saveurs de nos régions 0 1624
Mots clés: anis, Flavigny

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